vendredi 29 janvier 2016

Cache-sexe, dédié à Rohani

Bas les masques
Jacques Ponzio

Quelle différence y a t’il entre le bruit d’une porte qui grince, d’un soupir qui s’exprime dans le plaisir ou à la toute fin, le dernier, et le concerto pour une porte et un soupir de Pierre Henry, pour ne rien dire du marteau sans maître?

Aucune, ou presque, sur le plan pur de ce qui met en vibration l’air qui nous entoure, le son.
Toute,  ou presque, sur le plan pur du désir de donner à entendre et de son corollaire, le désir d’écouter, la musique.

Autre exemple : qu’est-ce qui fait que le même plat de spaghetti couvert de gruyère râpé sera perçu de façon si différente selon qu’il est regardé par un Biafrais sous-alimenté, un critique gastronomique ou un top-model ? Le rapport à la nécessité.

Bon, mais, quel rapport avec les masques, cette thématique dans laquelle j’ai souhaité inscrire ce texte ? On y vient, pas d’impatience.

Prenons une femme nue. Enfin, quand je dis prenons, c’est au sens figuré, hein ? Selon qu’elle est allongée sur une plage pour bronzer ou en train de danser sur la scène du Crazy Horse, elle est totalement différente, tout en étant possiblement la même.

La même ? Voire. C’est là qu’intervient  la notion de masque, sous la forme du trop fameux cache-sexe, lequel a remplacé sur les photos de couverture des magazines ou les illustrations de jeux de cartes « cochons » vendus sous le manteau à l’époque pré-ixienne des années cinquante, la brume ou le flou qui désignaient d’un voile pudique ce qu’il ne fallait pas voir à l’endroit précis où il fallait, bien entendu, regarder.

Donc, le même petit minuscule triangle de tissu noir ou bariolé ou encore cousu de sequins brillants remplace le « flou-artistique ». Mais quelle serait alors sa fonction. On dira un peu vite qu’un cache-sexe c’est fait pour cacher le sexe.

Oulà, mais non, pas du tout !

Le masque dont on parle ici intervient dans un projet, exactement  comme ce qui fait d’un grincement de porte une œuvre musicale. Dans un cas un projet musical, dans l’autre un projet érotique.

On pourra toujours arguer du fait que certains puissent trouver leur jouissance dans l’observation à la dérobée de ce qui s’offre à voir sans forcément désir de soulever  l’étoffe du maillot ou du pantalon du passant. De même, on pourra trouver dans les bruits de la vie, les bruits de la ville, des mélanges, des mixages qui en font, à leur insu, des choses intéressantes sur le plan musical. Évidemment, il y a toujours des possibilités qu’une demande rencontre son offre.

Si un ou une nudiste a froid, il/elle peut se couvrir entièrement, mais pas le sexe. Par contre, si une stripteaseuse a chaud, elle peut se découvrir entièrement, sauf le sexe.

Ah !

On comprend bien dès lors, que le cache sexe, chez la femme est fait, non pas pour cacher le sexe, mais pour le montrer ! Le montre-sexe, s’il cache quelque chose, ce sont les poils. Pas très élégant quand même de dire qu’une telle a mis son cache-poils pour entrer en scène…

Chez l’homme, c’est un peu différent car si le cache-sexe cache bien, effectivement, le sexe, il est là pour révéler la mise en tension cachée  par la vision des lignes de fuite du tissu qui trace la perspective de ce qui va  advenir : promesse du désir de l’autre, certitude imaginaire de jouissance ?

Le masque, on le comprend maintenant, permet de passer du monde de la nécessité, de ce qui est subi, au monde du plus-de-jouir, de ce qui est recherché pour sa plus-value.

Le masque, qu’on le sache ou pas, transforme le besoin en désir.

Balèze, hein ?



mardi 27 janvier 2015

Saint François d'Assise

Le Monde du 24 janvier 2015 est aujourd'hui mis à contribution pour ce billet très extraordinaire. Qu'on en juge : bien écrit, brillant, bien illustré, informatif, et faisant état d'une découverte exceptionnelle, même pour un agnostique. Catherine Vincent mérite qu'on lui laisse toute la parole. Il va de soi que ce texte et l'illustration qui l'accompagne sont ©Le Monde/Catherine Vincent.






jeudi 2 octobre 2014

Grisli Clandestin, spécial amitié nécessaire


Un éditeur qui écrit, publie et republie, 
c'est pas mal, non?
En plus, 
on ne peut pas dire 
que ce soit un fou de la pub, 
alors, je m'y colle…

jeudi 18 septembre 2014

le Métro Marseillais, ça en dit long…

Avant


Après


Après-après



Avant, après, quoi? Avant, c'est le plan original de la RTM. Après, c'est le plan, identique, mais dont les légendes ont donné lieu à des trouvailles anagrammatiques de ma part, grandement aidé par les membres de l'OuLiPo-liste qui se reconnaîtront par leurs initiales…
Après-après, c'est la version toilettée, définitive, celle qui devrait prendre place au cipM en février prochain, 2015

NB : c'est juste pour le fun, et même l'idée princeps vient de très loin; ce n'est pas vraiment une nouveauté dans le monde des OuCarPolâtres mais c'est une première en ce qui concerne Marseille

vendredi 27 juin 2014

Ce n'est qu'un rêve…

Oui, ce n'est qu'un rêve, mais alors-là, plutôt insistant. À résumer l'histoire, on remarque ce fait isolé : Vers l'âge de 30 ans, me revient au cours d'une séance d'analyse, un souvenir enfoui depuis mon enfance. Dingo fait un rêve, et dans ce rêve, il "voit" les plans d'une machine dont il ignore la destination et encore plus le fonctionnement; Il commence la construction de cette machine. La nuit suivante, il rêve encore et les plans se précisent. Chaque jour qui passe lui apporte de nouveaux plans. En réalité, dans mon souvenir, c'étaient deux épisodes qui suffisaient à compléter la construction de la machine. Et ces deux épisodes étaient séparés d'une semaine.

À l'époque, j'étais abonné ou je lisais le Journal de Mickey entre l'âge de sept et dix ans, peut-être 6 et 11, guère plus. Au milieu des années 80, je fréquentais la Bibliothèque Municipale de Marseille et me revint ce souvenir. Par chance, la seule collection complète de Mickey y résidait; je me fais sortir les années 50 à 62 pour viser large et je commence à me plonger dans l'exploration feuille à feuille de ces gros volumes reliés; Après quelques jours, j'abandonne la quête, pensant presque avoir imaginé tout ça. En tout cas la fourchette de dates ne colle pas, apparemment.

Hiver 2013, je réfléchis au thème du rêve dans son rapport avec l'action consciente diurne et… me revient ce souvenir. À ce moment-là, la Bibliothèque a déménagé dans les locaux magnifiques de l'Alcazar. J'y passe des heures à flâner dans les rayons de régionalisme, randonnées et balades. Inévitablement me revient ce souvenir. Me revoilà à l'étage des consultations spéciales et je demande que l'on me sorte une fois de plus les collections de Mickey. Une table roulante couverte de volumes reliés m'est apportée.

Derechef, je me plonge dans le feuilletage soigneux de chaque exemplaire hebdomadaire. Après plusieurs heures, je  n'ai exploré que le tiers du tas; Les appariteurs me gardent bien volontiers sous le coude les volumes restants en me faisant promettre de revenir.

Le lendemain, me revoilà; très vite - on pourrait presque parler d'état somnambulique -, je découvre ce que je cherche, et que voici : 


On voit par là qu'il existe une certaine réalité du souvenir, mais pour l'occasion assez légèrement déformé (parfois ces éléments sont beaucoup plus éloignés), que le tout consiste en une seule page au lieu de deux. Globalement, c'est tout-à-fait conforme à l'idée que j'ai retrouvée 40 ans plus tôt, et qui n'a cessé de faire retour de temps à autre jusqu'à ce que l'occasion se retrouve de reprendre l'exploration. Occasion? Ouais… Pas tant que ça. Pour parvenir à ce résultat, il fallait évidemment que soit levé un processus de blocage lié à un résidu de transfert. La maladie de l'analyste y a pourvu.

Enfin, ce thème du plan de quelque chose d'inconnu qui se construit au fil des nuits et des rêves qui les peuplent évoque naturellement ce qu'il en est des processus d'élaboration inconscients qui peu à peu deviennent visibles, palpables.

Tout ça pour ça?

samedi 7 juin 2014

Le langage des éléphants

L'exploration quasi-obsessionnelle des collections du "Journal de Mickey"à la BMVR, alias l'Alcazar, à la recherche d'un souvenir très ancien, m'a fait trouver, en attendant de trouver ce que je cherchais au départ, cette planche amusante. Elle montre le début (1955 tout de même), de l'irruption des technologies modernes censées favoriser l'apprentissage des langues : le magnétophone quitte son statut d'objet de curiosité et acquiert un statut d'objet d'usage. 


mardi 3 juin 2014

Palindrome #2


La librairie de notre ami Bernard Avella se déplace
de quelques centaines de mètres à peine 
pour s'établir rue Edmond Rostand. 
Cependant, comme on dit, pendant les travaux, la vente continue, 
et j'ai repéré ce livre au fort parfum métaphysique et palindromique. 
Spirituel en somme.